De l’utilité des bons de réduction

November 29 2006, 6:44pm

On trouve aujourd’hui des bons de réductions partout et sous de nombreuses formes. Cela peut être 10% de réduction sur un produit, un reversement sur une compte dans un grand magasin, satisfait ou remboursé, 2 pour le prix d’un, etc.) Ces réductions sont des fois automatiques ou bien contre la remise d’un bon. En quelques dizaines d’années (je n’ai pas trouvé d’historique) ils ont vraiment conquis le marché et changé les habitudes d’achat de nombreuses personnes. Seulement, le prix que paye le consommateur pour être un produit est, pour simplifier, en parfait équilibre avec le coût du produit pour l’entreprise plus la marge que celle-ci réalise. Or ces réductions n’affectent pas la marge que ce fait l’entreprise sur ces produits. Le prix de revente d’un produit sera donc le prix moyen qu’un client payera. Par exemple, une boite de café a 5€, sur laquelle le supermarché distribuera des bons de réductions de 2€ pendant 6 mois de l’année, qu’utiliseront la moitié des clients aura un prix de vente moyen sur l’année de 4,50€. (5-0,5(0,52)) C’est donc sur ce prix moyen que l’on calculera les différentes marges. Quel est le but pour une entreprise de proposer des réductions ? Comme beaucoup de choses dans le commerce, il s’agit d’un cercle vicieux. Une entreprise sort des bons de réductions pour attirer plus de clients. Le concurrent réplique. La première remonte ses réductions. Et ainsi de suite jusqu’à un équilibre. Au point où l’on en est, presque tout les produits proposent des réductions, des rabais. Le client ne fait donc plus forcement la différence. Dans cette histoire, les gens qui, comme moi, ne prennent pas le temps d’accumuler tout ces bons de réductions, payent au final un peu plus cher pour que ceux qui ont le temps, et la patience, de tout trier et conserver payent un peu moins cher. Ces 2 comportements sont sensés s’équilibrer. Que doit-on donc en penser ? Est-ce bien de récompenser les gens qui passent du temps sur l’économie de ces quelques centimes ? Dans un sens, l’accomplissement de cette tâche pénible peut valoir le mérite des quelques économies qu’elle rapporte. D’un autre côté, cela ne créé aucune valeur, et favorise la papierocratie ((ou plus grec mais moins évident : papyrocratie) néologisme, par lequel j’entends “Le pouvoir par la capacité à remplir de nombreux formulaires”, une extension exagérée de la bureaucratie.) Maintenant que vous vous êtes fait votre idée sur la question (fainéants contre radins :p), je vais étendre vite fait cette idée de bons de réductions à l’ensemble des dépenses que vous pouvez faire au quotidien : Vous payez votre redevance TV pour la regarder une fois de temps en temps la télé alors que la moyenne des gens qui la payent la regarde 4h04. Vous payez 1,40€ votre ticket de métro, pour compenser les resquilleurs (sans oublier les agents que l’on doit embaucher pour le contrôle par le même coût). Si vous conduisez mieux que la moyenne vous payez plus cher que vous ne devriez votre assurance auto. Si vous êtes moins malade que la moyenne (ou allez moins chez le médecin), vous payez plus cher. J’arrête là, la liste serait trop longue. Pour conclure, je voudrais préciser que je n’écris pas ceci pour râler, mais plutot pour parler de cet équilibre que nous atteignons (équilibre qui se déplace doucement). Je ne me plains pas car je préfère ne pas perdre mon temps pour des bons de réductions et ne pas être malade et payer plus cher mes produits, cotisations… Seulement, il est intéressant de savoir où part notre argent et de connaître les raisons du prix d’un produit. J’écris également cela histoire de poser ces idées quelquepart. Mais si au passage les 2/3 lecteurs qui passent ici trouvent ça intéressant, je serais ravi d’entendre votre point de vue sur la question ! note: je n’ai aucune idée de la véracité de ce qui est écrit ci-dessus. Comme j’écris cela dans un but personnel, je n’ai rien vérifié. Si je me trompe, faites moi signe.

Your favourite external commenting service goes here! I recommend http://www.disqus.com